Le Scot (Shéma de Cohérence Territorial), document important qui va dessiner notre environnement futur de notre communauté de communes,va entrer en phase d’enquête publique à la rentrée.
Nous serons alors appelés à faire nos remarques et les déposer sur le registre d’enquête publique. Il nous faut donc, dès maintenant, réfléchir au territoire que nous souhaitons transmettre à nos enfants.

Le billet que nous a transmis un adhérent entre dans cette réflexion préalable à toute déposition lors de l’enquête publique.

ile_aux_jeux_b« L’Ile aux Jeux à Saint-Hilaire de Riez est un îlot de verdure de 22 000m2 qui appartient à la commune. Il est longtemps resté en espace vert comme l’avaient souhaité les premiers aménageurs du Terre-Fort, puis devenu parc de loisirs géré par la ville, puis encore  parc de loisirs mais en délégation de service public confié à une société dite de l’ Ile aux Jeux.

Convoité par l’appétit d’une grande enseigne pour y implanter des commerces : une grande jardinerie, un magasin de bricolage, 6 magasins non définis, des opposants au projet se sont mobilisés, choqués de voir disparaître à terme cet espace non urbanisé au cœur d’un immense lotissement d’habitations et d’une zone commerciale à tendance tentaculaire.

Après une enquête publique pour modification du POS afin de transformer l’espace « Ile aux Jeux » classée en UCI (zone de détente loisirs) en zone UCc (constructible), en septembre 2011 par décision du Conseil Municipal (DEL 2011-120),le site «l’Ile aux Jeux» subit ce déclassement.

Pourtant l’enquête publique relative au déclassement s’est traduite par un avis défavorable motivé du Commissaire Enquêteur du 8 septembre 2011. La délibération du Conseil Municipal validant, malgré cela, le déclassement de septembre 2011, fait alors l’objet d’un recours  introduit par le CPNS  auprès du Tribunal Administratif de Nantes.

La CDAC (commission Départementale d’Aménagement Commercial) valide ce projet. Les opposants saisissent la CNAC (Commission Nationale d’Aménagement Commercial) qui l’invalide en 2013.

Mai 2015 : nouveau recours de la mairie de Saint-Hilaire de Riez contre cette décision de la CNAC devant le Tribunal Administratif de Nantes.

Le rapporteur public a conclu à l’annulation du refus opposé par la CNAC. Cependant il a favorablement accueilli les moyens de fond avancés par le CPNS, le Collectif de défense de l’Ile aux Jeux et INOVEE et ceux exposés par Maître Robert Vedié défenseur des intérêts d’un autre requérant.

Que va-t-il se passer ensuite ?
Dans l’hypothèse où le refus de la CNAC serait annulé, la décision ne signifierait pas pour autant que l’autorisation serait délivrée : les recours formés en 2013 auprès de la CNAC seraient réexaminés par cette dernière à l’issue d’une nouvelle audition. Ce nouvel examen devrait néanmoins obéir aux nouveaux critères applicables pour la délivrance d’une autorisation d’aménagement commercial et exigerait donc des pétitionnaires qu’ils améliorent considérablement leur dossier.

Au regard des textes actuellement en vigueur (loi Pinel du 18 juin 2014) les pétitionnaires devraient, s’ils veulent poursuivre leur projet, déposer un dossier unique de demande de permis de construire valant autorisation commerciale, et ce même, s’ils obtiennent un accord de la CNAC à l’issue du second examen du dossier actuel.

Le combat mené contre la destruction du parc de l’Ile aux Jeux n’est pas clos. A suivre…

Pourquoi des citoyens s’opposent ?

Cet espace pourrait faire tampon à l’urbanisation du lotissement du Terre-Fort et dispenserait un lieu de détente pour les citoyens (personnes âgées, Mamans avec poussette, nourrices, personnes à mobilité réduite, etc)
Plusieurs études ont montré que les espaces verts ont une influence considérable sur la vie des hommes ; ils ont des vertus apaisantes, améliorent la qualité du cadre de vie, ont un intérêt écologique et/ou paysager, apportent l’ombre et la fraicheur l’été, renouvellent l’oxygène de l’air, régulent l’hygrométrie, etc…Partout en France et à l’étranger (Suède, Portugal, Allemagne…) des études montrent les impacts sociaux et psychologiques des espaces verts. Ils sont aujourd’hui partie prenante des attentes d’habitat et de logement, peut-être plus qu’hier, avec la réduction continue des espaces naturels au profit de l’extension urbaine. Ils contribuent à la conception des politiques territoriales dites de « développement durable » encouragées par le Grenelle de l’environnement.

Construire un maillage d’espaces verts,  de toute évidence, consolide, voire élargit l’emprise des trames vertes et bleues (toujours inexistantes sur notre commune).

Les porteurs du projet et leurs soutiens rétorquent que nous avons la mer et la forêt sans tenir compte d’une population qui n’a pas de moyens de locomotion, d’autant (autre argument que nous avançons !) qu’aucun mode de transport favorable à tous n’est envisagé sur la commune.

L’artificialisation des sols (magasins, parkings) aggravera le problème déjà récurrent (1 à 2 fois par an) des inondations dans les quartiers, du Terre-Fort, c’est aussi une évidence.

Croire au développement économique au travers de plus de mètres carrés de surfaces commerciales, c’est illusoire dans notre communauté de communes. Qui se soucie de savoir si l’ouverture de surfaces commerciales supplémentaires ne va pas entrainer des baisses d’activité, voire des fermetures d’enseignes et donc de chômage dans notre bassin d’activités ?

Aucun bilan de la situation commerciale et économique n’a vu le jour tant sur la commune de Saint-Hilaire de Riez que sur celle de Saint-Gilles Croix de Vie, lieu d’une forte zone de marchandisation toute proche.

Cette politique de l’autruche va comme un gant aux promoteurs et aux géants de la distribution, malgré la saturation d’hypermarchés et de galeries marchandes. Le transfert du chiffre d’affaire ne peut que se faire au détriment des  commerces voisins.

Le bourg de Saint-Hilaire de Riez se meure, mis à part les 2 jours de marché, il n’est pas attractif. Il est dans l’attente de réanimation depuis des années : privilégions dans le budget communal  son aménagement, valorisons l’activité du cœur de Sion.

Et pour conclure :

Il faut définir ce dont nous avons envie de vivre.

ile_aux_jeux_r« La question du cadre de vie ce n’est pas une question de déco. C’est un élément fondamental de la croissance économique et de développement des territoires » (Valérie Jousseaume, enseignante chercheuse  à l’institut de géographie et d’aménagement de Nantes) .

Le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) qui en principe doit intégrer les obligations du Grenelle de l’environnement avec des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre et d’économie d’espaces naturels, devrait nous conforter dans notre réflexion. Mais, hélas lors des dernières réunions de la communauté de communes, ce principe échappe encore une fois aux décideurs qui n’envisagent toujours pas d’autres moyens de transport que la voiture, imaginent la densification de la zone commerciale de Saint-Hilaire de Riez et planchent à grand renfort de frais pour des études  concernant à nouveau un projet illusoire de port de plaisance à Brétignolles.

Une enquête publique concernant le SCOT devrait avoir lieu fin 2015. C’est l’occasion de s’impliquer au travers de l’enquête pour imposer un choix de cadre de vie où, entre autre, l’équilibre entre paysages et économie ne soit pas uniquement déterminé par des géants de la distribution qui déploient des trésors de persuasion  auprès des élus et de la population, le plus souvent au nom de l’emploi. »

Vous pouvez également avoir des informations sur ce sujet en allant sur le site du CPNS à la page suivante:

http://cpns85.fr/laffaire-de-lile-aux-jeux-devant-la-cour-administrative-dappel/