IMG_2795rzA l’appel des associations Saint-Hilaire l’Océan 2020, Amnesty International et ECHOS, les Hilairois se sont rassemblés en nombre devant le mur symbolique des Droits de l’Homme dimanche 11 janvier.
Suite aux attentas de journalistes, artistes, policiers, citoyens, nous pensons aux victimes et à leurs familles.

La liberté d’expression n’est pas négociable. Les rassemblements spontanés traduisent le désarroi ressenti face aux atteintes des fondamentaux de notre société.

Intervention de Monsieur Rodolphe Giordano, président de l’association Saint-Hilaire l’Océan 2020 à l’occasion de ce rassemblement:

« Bonjour à tous

Nous sommes réunis ici devant ce symbole que représente le mur des droits de l’homme et je vous remercie d’être venus nombreux pour rendre hommage aux victimes des récents attentats : 17 personnes ont perdu la vie et une vingtaine d’autres ont été blessées. Nous pensons à eux, à leurs familles et à leurs proches. 

L’expression citoyenne et la liberté d’expression sont au centre des motivations qui animent notre association St Hilaire l’océan 2020.

En accord avec l’association ECHOS, et d’autres mouvements, nous avons souhaité, en ce dimanche, nous unir aux autres villes de France en organisant ce rassemblement. Nous nous réjouissons de voir que nombreux sont les hilairois qui nous ont rejoints depuis quelques jours en dépit de nos différences de pensées ou d’idéaux. 

J’ai longtemps été un lecteur assidu de Charlie Hebdo,  apprécié la liberté de ton de ce journal et pris toujours beaucoup de plaisir à sa lecture. Je voudrais vous en dire quelques mots.

Je partage la pensée de Laurent Joffrin, Directeur de la rédaction du quotidien Libération qui, dans son éditorial du 7 janvier titré  « Charlie vivra » a écrit un très bel hommage. Quelques passages m’ont particulièrement touché, je me permets de vous les livrer : 

« Ils ont tué Cabu !

Ils ont tué Cabu, le pacifiste, le généreux, le meilleur homme de la Terre autant que le meilleur dessinateur.

Ils ont tué Wolin, Charb, Tignous, Bernard Maris, Honoré et les autres ! Wolinski, le plus drôle, celui qui aimait le plus la vie. Charb, le père courage, Tignous, le gentil teigneux, Bernard, le professeur d’éco que tout le monde aurait voulu avoir, le lettré plein de conviction et de culture. 

Charlie et sa bande, ce sont nos cousins. Avec leurs amis, leurs familles, nous pleurons. 

Charlie, c’était le rire intelligent, le rire impitoyable, la dérision, le refus du tragique, l’ironie pleine d’espérance, Voltaire en vignettes, un coup de pied au cul des fanatiques. Contre les crayons, les fusains et les bulles, ils ont sorti les kalachnikovs. Quel avoeu de faiblesse ! Quand on n’a pas d’arguments, on tire !

Ils ont raté leur coup.  En tuant nos amis, ils nous ont meurtris mais ils nous ont fortifiés. 

Les dessinateurs de Charlie, depuis ½ siècle, illustrent tous les jours la raison d’être de la presse : savoir et juger, débusquer les ridicules et les injustices, se hâter d’en rire pour ensuite les combattre, mesurer, en même temps la vanité du monde. 

Ils étaient des symboles de la génération 68 dont on dit tant de mal, mais dont on oublie qu’elle a ferraillée sans cesse pour plus de liberté. Ils ont renversé tous les tabous, ridiculisé tous les dogmes, mis un bonnet d’âne à toutes les statues du commandeur et fait un bras d’honneur à tous les donneurs de leçon. 

Aider le lecteur à se sentir citoyen ce n’est pas grand chose mais c’est quelque chose.

Si nous vivons avec moins de préjugés, moins de censure, moins de corsets et de principes désuets, avec un peu plus d’autonomie, de libre arbitre, d’humour, c’est aussi grâce à ce gang de viveurs tonitruants et chaleureux, qui ont toujours préféré un bon mot à un renoncement et qui l’ont payé de leur vie. 

Maintenant on veut porter la guerre jusque dans nos salles de rédaction. Nous ne ferons pas la guerre. Nous ne sommes pas des soldats. Mais nous défendrons notre savoir-faire et notre vocation : aider le lecteur à se sentir citoyen. » (fin de citations)

 En conclusion « Je suis CHARLIE », « nous sommes CHARLIE» cela signifie que

  •  Je suis solidaire du sentiment d’horreur dans lequel cet attentat nous a plongés,
  • je défends la liberté d’expression, je dénonce la barbarie, le fanatisme et le terrorisme.

Je suis CHARLIE car  je suis « ces valeurs » communes qui ont été attaquées , valeurs que nous devons défendre ensemble, unis, car elles définissent et assurent l’intégrité humaine de corps et d’esprit. 

Je suis CHARLIE signifie qu’il n’est aucune justification à la mort de toutes ces personnes. 

St Hilaire de Riez le 11 janvier 2015″